Bilan météo au 30 juin

BILAN METEO AU 30/06/2020 SUR NOTRE SECTEUR, INCIDENCE SUR LES MIELLEES

Notre adhérent et ami, Alain Musy, nous commente régulièrement les enseignements qu’il tire de ses relevés effectués à son domicile un peu au nord de Tournon s/ Rhône. Voici ce qu’il nous dit sur le bilan au 30 juin 2020.

Nous finissons le premier semestre avec un cumul pluviométrique de 232 mm. Le cumul des six premiers mois moyenné sur ces 18 dernières années est de 369.9 mm.
A ce jour, le déficit pluviométrique s’est légèrement tassé par rapport à fin avril (-137.9 mm par rapport à la moyenne des 18 dernières années).

Nous avons reçu 64 mm en juin, légèrement supérieur au cumul moyen de juin sur 18 ans qui est de 57.7 mm
Sur ces six premiers mois nous avons enregistré seulement 9 pluies supérieures à 10mm. la plus importante fut le 1 mai avec 22mm.
Ce cumul à fin juin est le 2ème plus faible enregistré sur ces 18 dernières années.

Pour comparaison des cumuls inférieur à 300 mm à fin juin, nous avions enregistré :
en 2003 à 174 mm
en 2017 à 236 mm
en 2011 à 250 mm
en 2004 à 284 mm
en 2019 à 295 mm

Concernant les températures, Météo France annonce le premier semestre le plus chaud jamais enregistré en France.
Je vous joins le bilan de Météo France

Ici, la moyenne des maxi est de 28.2°C soit 1°c de plus que la moyenne sur 18 ans qui est de 27.2°c
La moyenne des mini, est de 13.1°C soit 1.7°C de moins que la moyenne sur 18 ans qui est de 14.8°C.

Dans la réponse qu’il fait à Alain, Pascal en profite pour expliquer l’incidence de la météo sur nos ruches, et la production.
Merci Alain pour ce bilan très instructif.

Par meteo 60, on peut accéder aux cumuls de pluie avec un choix de périodes (mois en cours, cumul annuel,…). On peut zoomer pour avoir une estimation locale.
On voit ainsi que les cumuls dans notre département sont très contrastés, l’ouest ayant reçu beaucoup plus de précipitations que la vallée du Rhône, en particulier en juin.
Pour nos abeilles, les pluies de fin de printemps sont venues à point, ce qui a permis une bonne miellée.

C’est l’occasion de rappeler quelles sont les conditions optimales pour que nos hausses se remplissent :

  • avoir des colonies fortes avec beaucoup d’abeilles en âge d’être butineuses. Pour cela, il faut qu’une reine très féconde ait pondu abondamment 40 à 50 jours plus tôt (on peut avoir eu un blocage de ponte par engorgement du nid à couvain, ou au contraire par manque de pollen ou conditions météo défavorables).
  • Il faut que les colonies ne soient pas trop impactées par les varroas et virus associés.
  • avoir un environnement riche et un nombre de colonies en harmonie avec ce que la nature peut fournir.
  • Il faut de l’humidité dans le sol superficiel pour les plantes herbacées et de l’humidité en profondeur pour les plantes ligneuses ou à racines profondes. L’humidité en surface est dépendante des pluies récentes alors que l’humidité en profondeur dépend des précipitations efficaces sur la durée.
  • des conditions de températures idéales, ni trop chaudes, ni trop froides, entre 15 et 25°C pour beaucoup de plantes. Les plantes “méditerranéennes” telles que le lavandin peuvent fournir du nectar par plus fortes températures.
  • pas trop de vent. le vent limite la capacité de vol des abeilles et sèche rapidement le nectar des fleurs. Il faut tenir compte des microclimats, les abeilles savent trouver les zones abritées.
  • des pressions pas trop élevées. cela est souvent en corrélation avec le taux d’humidité de l’air. En gros, plus les pressions sont basses et plus on a de chances d’avoir un taux d’humidité élevé et inversement, plus les pressions sont élevées et plus l’air aura tendance à être sec.
  • la durée du jour a son maximum est aussi déterminante pour que les abeilles profitent au maximum de la ressource.

En ce mois de juin, la plupart des critères influençant la miellée étaient au vert. On a eu une floraison exceptionnelle de beaucoup d’espèces, comme on n’avait pas vu depuis plusieurs années. Le seul bémol était le manque d’eau en profondeur. Cela aura certainement une influence sur le miel de châtaignier qui devrait contenir une part non négligeable de ronce.

Bonne lecture à tous