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La loi Duplomb, c'est toujours NON

Mortalité abeilles pesticides

La réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone : un recul pour les abeilles, les pollinisateurs et notre apiculture
Il est important pour nous, GDSA07 de prendre la parole et de dénoncer la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone dans le cadre de la loi d’urgence agricole.
Parler des abeilles, ce n’est pas défendre uniquement le miel ou les apiculteurs. C’est défendre la VIE.


Nous sommes profondément préoccupés et même en colère par la réintroduction de ces 2 néonicotinoïdes dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole, appelé « loi Duplomb 2 ». Derrière le discours de l'urgence économique et agricole, se cache un choix politique qui fait peser un risque considérable sur les pollinisateurs, la biodiversité et à terme, sur l’apiculture et l'agriculture elle-même sans oublier la pollution des nappes phréatiques, la qualité de l’eau que nous buvons et tous les risques pour notre santé.
Les abeilles ne sont pas seulement les productrices de miel. Elles assurent, avec l'ensemble des insectes pollinisateurs, la reproduction d'une grande partie des plantes cultivées et sauvages. Environ un tiers de notre alimentation dépend directement ou indirectement de leur travail. Fragiliser ces espèces revient à fragiliser notre sécurité alimentaire.


L'acétamipride appartient à la famille des néonicotinoïdes. Le flupyradifurone, bien que chimiquement différent, agit sur les mêmes récepteurs du système nerveux des insectes.
De nombreuses études montrent que ces substances peuvent provoquer des effets dits « sublétaux » : désorientation des butineuses, diminution de la capacité d'apprentissage, affaiblissement de l'immunité, réduction de la reproduction et augmentation de la sensibilité aux maladies et aux parasites. Ces effets ne provoquent pas toujours une mortalité immédiate, mais ils compromettent progressivement la survie des colonies.


Les défenseurs de cette réintroduction avancent que ces produits restent autorisés dans plusieurs pays européens et qu'ils seraient indispensables à certaines filières agricoles.
Cet argument mérite d'être nuancé. Le fait qu'une substance soit encore autorisée ailleurs ne signifie pas qu'elle soit sans danger. L'évaluation scientifique des pesticides évolue constamment à mesure que de nouvelles données sont disponibles. D'ailleurs, le Conseil d'État a lui-même relevé l'existence de risques documentés concernant ces molécules lors de l'examen du texte.


Opposer agriculture et protection des pollinisateurs est une erreur. Les agriculteurs ont besoin des abeilles autant que les apiculteurs ont besoin d'une agriculture durable. Les véritables solutions passent par la recherche, le développement de méthodes alternatives, la sélection variétale, le biocontrôle, les rotations culturales et un accompagnement technique et économique des exploitations. Investir dans ces solutions est plus cohérent que de revenir vers des molécules dont les effets sur la biodiversité sont largement documentés.
 
Comme apiculteurs/apicultrices, nous constatons chaque année la fragilité croissante des colonies face à l'accumulation des pressions : parasites, maladies, changement climatique, raréfaction des ressources florales et exposition aux produits phytosanitaires. Ajouter de nouveaux facteurs de stress constitue un choix à courte vue.
La biodiversité ne peut être considérée comme une variable d'ajustement économique.
Les abeilles sont des sentinelles de notre environnement. Lorsqu'elles déclinent, c'est l'ensemble de notre écosystème qui nous alerte.


Notre inquiétude dépasse malheureusement, largement le sort des abeilles domestiques. Depuis plusieurs décennies, les scientifiques alertent sur l'effondrement de la biodiversité, particulièrement dans les paysages agricoles. De nombreuses études mettent en évidence un déclin marqué des populations d'insectes, qu'il s'agisse des pollinisateurs, des papillons ou d'autres insectes indispensables au fonctionnement des écosystèmes.
Cette disparition progressive n'est pas sans conséquence. Les insectes constituent la base de la chaîne alimentaire de nombreuses espèces. Leur raréfaction contribue au déclin d'une partie de l'avifaune des milieux agricoles : alouettes, hirondelles, perdrix, bruants et bien d'autres oiseaux trouvent plus difficilement la nourriture nécessaire à leur survie et à l'élevage de leurs jeunes. Les causes sont multiples – destruction des habitats, simplification des paysages, changement climatique et pratiques agricoles intensives, dont l'usage des insecticides – mais leur effet cumulé est aujourd'hui incontestable.


Dans ce contexte, réintroduire ou élargir l'utilisation d'insecticides susceptibles d'affecter les insectes non ciblés envoie un signal préoccupant. Alors que l'urgence devrait être de restaurer les équilibres écologiques, nous prenons le risque d'accentuer un déclin déjà largement documenté. Les abeilles ne sont pas les seules concernées : c'est toute la biodiversité de nos campagnes qui est en jeu.
Nous appellons donc les parlementaires à renoncer à la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone et à soutenir une agriculture qui concilie production, santé publique et préservation du vivant.

 

Protéger les pollinisateurs, c'est protéger notre avenir commun.
Les abeilles ne votent pas, elles ne manifestent pas. Elles ne parlent pas. Elles ne peuvent pas écrire aux parlementaires. C’est pourquoi, il nous appartient de porter leur voix !
Les abeilles accomplissent simplement leur travail, discrètement chaque jour. A nous de faire le nôtre !
Protéger les abeilles, ce n’est pas défendre un insecte. C’est défendre notre apiculture, notre alimentation et NOTRE AVENIR.
MOBILISONS NOUS !

 
L’UNAF appelle solennellement les député.e.s et sénatrice.eur.s à faire preuve de responsabilité en rejetant, le 16 juillet 2026 en Commission mixte paritaire, ce texte et à minima l’amendement de l’article 2 quater réintroduisant l’utilisation de néonicotinoïdes pour les cultures de la betterave, de la noisette, de la pomme et de la cerise.
https://www.unaf-apiculture.info/vote-du-senat-sur-les-neonicotinoides-lunaf-alerte-sur-un-passage-en-force-inacceptable-et-appelle-les-elus-a-rejeter-le-texte-pour-sauver-lapiculture-francaise-et-la-biodiversite/
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-3259
https://cancercolere.org/operation-cartes-postales/

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des Abeilles de l'Ardèche

 
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